Non les filles n'aiment pas qu'on les siffle

Photo : Non les filles n'aiment pas qu'on les siffle

C’est vrai que l’hiver est doux, que les températures ne permettent pas de calmer les désirs des plus excités, mais quand même. Epargnez-nous vos numéros de mecs machos.

Se faire reluquer, se faire siffler, se faire couvrir de belles obscénités… vous pensez vraiment que ça nous plaît ? Et bien je vais vous dire un petit secret. En vérité ça nous fait chier. Loin de l’idée de nous flatter, vous gâchez notre journée. Pire encore, vous nous faites douter de notre intégrité. On peut porter un mini-short, une mini-jupe et avoir les cuisses à l’air sans pour autant mériter moins de respect.

« Eh mad’moiselle, t’es vraiment trop belle »

Je ne me considère pas comme un canon de beauté. Je n’ai ni la prestance, ni la démarche assurée de ces filles au physique parfait. Mais c’est vrai, moi aussi je subis ces macaques complètement décérébrés. Et si avant je ne pouvais pas sortir sans qu’on me signifie que je suis un laideron, un monstre de défauts et un physique sans solution, au moins je m’étais fabriquée une armure contre ces humiliations. Mais aujourd’hui je n’ai aucune arme contre ces cons qui m’alpaguent à peine sortie de chez moi. Il suffit d’avoir le malheur de montrer un peu ses jambes pour être un objet d’excitation.

Alors moi je dis non. On a le droit d’enfiler les fringues qu’on veut sans que le moindre chien en chaleur vienne nous faire part de ses ardeurs. Loin de nous faire rire, vous nous faîtes peur. A l’heure où les filles ont presque envie de s’habiller comme des bonnes-soeurs. Non, ne m’appelle pas mad’moiselle, non ne me dis pas que je suis belle. Ton avis je m’en balance, pourvu que tu me laisses traverser la rue en silence. Vous violez notre intimité, vous mettez à mal notre tolérance. Et j’aimerais bien vous y voir. Ne plus oser sortir le soir avec l’angoisse de tomber sur un éventuel tocard.

L’expérience d’un jour

Ce témoignage ne regarde que moi. Mais je sais que toutes les filles ont déjà vécu ça au moins une fois. Qu’on soit brune, blonde, rousse, mince, enrobée… Le seul fait d’être une fille semble vous donner tous les droits. Comme si c’était légitime d’empiéter sur notre liberté. Hier, j’y ai eu le droit toute la journée.

Un short noir, un chemisier. Un côté rock recherché que j’estime sans particulière vulgarité. Je ne compte pas ceux qui ont regardé et soufflé quelques mots à leurs copains. Fin d’après-midi, je m’en vais retrouver mon Jules et je passe par les petites rues comme d’habitude. Sur la route, un boulet qui a de la techno à fond se penche par la fenêtre et je le revois plus loin, arrêté sur le chemin que j’emprunte. La fenêtre ouverte, le cauchemar commence. « Eh t’es trop belle, t’es vraiment trop belle. » Mais mon indifférence ne l’arrête pas. Il roule doucement à côté de moi et va même jusqu’à se garer sur le trottoir pour continuer sa litanie. « Allez s’te plaît, donne-moi ton numéro. S’te plaît t’es trop belle. » Heureusement, j’arrive près d’un sens interdit pour lui, autorisé pour moi. Mais quelques mètres plus loin, deux autres singes en voiture qui commencent à me parler aussi mais qui abandonnent un peu plus vite. Et ça continue. Un vieil obsédé qui se permet de me saluer en gardant les yeux fixés sur mon fessier.

Peut-être que ça vous paraît normal, presque drôle. Pas bien méchant, plutôt mignon. Mais vous vous leurrez. C’est dégradant. C’est épuisant.

Alors non les filles n’aiment pas qu’on les siffle. Ne vous en déplaise, gardez vos mains dans vos poches et vos remarques dans vos caboches.

Et si on vous mettait à notre place ?

Image © lifestyle

par | | Tags : vie étudiante

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