Je suis une femme et j'emmerde les anti-IVG

Photo : Je suis une femme et j'emmerde les anti-IVG

Faisons fi de ce petit instant de vulgarité (dont je prends l’entière responsabilité), parce qu’après tout, les plus grossiers dans cette histoire ce sont bien ceux qui se permettent de faire rempart aux droits des femmes. Je suis une femme, et mon corps m’appartient.

Liberté, égalité, fraternité

Appelez ça comme vous le voulez. Un coup de gueule, un caprice, encore une folle qui se manifeste à travers un féminisme indigeste. Oui je suis féministe, non je ne suis pas folle. Je vais tenter de garder un peu de self-control. Bien sûr, à moins que vous ne soyez vraiment pas un adepte de l’actualité, nous savons tous de quoi il s’agit. Les (très) intelligents opposants à l’IVG. Dictature versus Liberté. Un combat qui nous lasse déjà. Il paraît que nous sommes le pays de la fraternité. Il paraît. Parce que quand je vois que des grands malins (40 000 malins pour être précise) manifestent pour remettre en cause un choix qui nous revient de droit, je me dis que je n’y vois pas vraiment un geste fraternel. A croire que la bêtise humaine est intemporelle. Rendez-vous compte ? 40 000 imbéciles, sans énumérer ceux qui se cachent derrière leurs écrans ou vocifèrent au chaud dans leur petite maison. Je trouve ça effrayant. Pourtant, enfant n’est pas embryon.

La France : scène de théâtre… de l’absurde

Après tout, au vu des manifestations contre le mariage homosexuel, plus rien ne devrait m’étonner. Le slogan de la France : plus on régresse, mieux on avance. Je me demande vraiment ce qui peut vous passer par la tête, ce qui vous amène à vous dire : « Non je ne veux pas que les femmes puissent avoir accès à l’avortement, je préfère qu’elle subisse la naissance d’un enfant non-désiré, peut-être fruit d’un viol. Je préfère même qu’après une longue dépression les femmes finissent par tuer le petit être humain ou se suicider. Oui en fait ça me dit bien de voir des vies détruites pour des fausses valeurs. » J’aimerais pouvoir m’immiscer dans vos esprits et comprendre. Parce que selon vous, notre propre corps ne nous appartient pas, comme il ne nous appartient pas d’ôter la vie d’un enfant.

Y a une époque les filles avaient le poing levé

Infanticide. Un mot qui s’échappe de vos bouches assassines. Vous déversez un peu d’acide. Sur une loi légitime. Sur les pauvres filles qui voyent tout juste un avenir qui se dessine. Je me mets dans la tête des futures mères involontaires. J’imagine. Une petite Sophie qui a 15 ans, qui voulait devenir un grand avocat mais qui est victime d’un petit incident. Une Mélanie qui a 30 ans, violée dans les coins d’un champ, obligée de revivre son cauchemar dans les yeux de l’enfant. Il n’y a pas d’âge, il n’y a pas d’époque pour avoir des droits. Et si nos grands-mères et arrière-grands-mères se sont élevées un jour, je ne vois pas pourquoi on ferait demi-tour. Je suis une femme et j’emmerde les anti-IVG.

Image © AFP/THOMAS SAMSON

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